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  • Valerie Leblanc

Je t’aime un peu, beaucoup, à la folie, je ne t’aime plus…


La rupture…Celle qui met le cœur en mille miettes, celle qui n’a pas été choisie ou même celle qui a été choisie avec sa tête et moins son cœur. Elle nous entraine dans une montagne russe émotionnelle ; colère, tristesse, angoisse, rumination. Le genre de phase où on voit la vie avec des lunettes fumées, pas seulement parce qu’on a trop pleuré, mais parce que tout semble un peu plus sombre. Et la réalité est que la majorité d’entre nous auront à y faire face au moins une fois au cours de la vie.

Comment laisser tomber cette idée que nous étions « meant to be » ; comment oublier le conte de fées « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ? » Il faut faire le deuil de ce qu’on s’était imaginé, vivre des émotions qu’on aimerait parfois ne pas ressentir et passer par-dessus le sentiment de rejet, la blessure narcissique lorsque nous sommes la personne qui a été laissée. Parfois, il y a aussi une incompréhension, surtout si l’autre préfère entrer dans l’évitement au lieu de nommer les choses comme elles sont ! Pas toujours facile, bien évidemment. Il faut accepter que le deuil amoureux puisse prendre du temps et que pour un moment on ne sera pas très bien. Les phases du deuil seraient le choc et le déni; la recherche de l’autre ou l’évitement de l’autre; la colère; puis la reconstruction et l’acceptation. Chacun peut vivre ces étapes de manière différente, chacun à son rythme, chacun son histoire. Je propose quelques pistes de réflexion et des solutions à appliquer pour faciliter ce passage en eaux troubles. Flotteurs conseillés…

Extérioriser ses émotions, une étape prioritaire

La séparation cause une variété d’émotions, dont des émotions dépressives qui peuvent être difficiles à gérer. Malgré la douleur de celles-ci, il est préférable de prendre le temps de vivre ses émotions. Pleurer est souvent nécessaire. On a besoin de vider notre sac émotif, et c’est tout à fait sain. Pourquoi pas écrire une lettre fictive à l’autre par rapport à ce que l’on vit ? Je ne recommande pas de lui remettre, le but étant plutôt d’extérioriser ce que l’on ressent sans se censurer, sans mettre de gants blancs. Pour ceux qui ont trop peur d’envoyer ladite lettre, cherchez une chanson qui exprime ce que vous ressentez et chantez-là à tue-tête, ça peut défouler un peu…

Il est important de ne pas se mettre de pression à « guérir » dans un délai déraisonnable. Certains ont besoin de deux semaines, d'autres mettent plus d’un an. Évitez les « je dois » et « il faut ». Il n’y a pas vraiment de règle. Chacun est différent et ressent les choses de manière plus ou moins intense. Prendre un petit moment dans son intimité peut être positif, mais il est mieux de ne pas s’isoler trop longtemps. Contacter sa famille, s’ouvrir à des amis proches ou consulter un thérapeute peuvent être de bonnes idées pour vider le trop-plein.

Quand le cerveau nous joue des tours

Les hormones (la chimie du cerveau) ont leurs rôles à jouer lorsque l’on parle d’amour. Éviter pendant un moment les endroits qui activeraient la dopamine, c’est-à-dire les endroits où on a vécu des émotions fortes, surtout reliées au début de la relation. La dopamine est un neurotransmetteur impliqué dans le système de récompense/motivation qui créee aussi la dépendance à la drogue. Donc, oui, il se peut qu’on ressente des « manques » pour l’être perdu. Comme disait Edward dans Twilight : « you are like a drug to me, like my own personal brand of heroin ». Mauvais exemple, mais on comprend. Cela nous donnerait encore plus envie de le texter, de l’appeler compulsivement et de nous cacher derrière un arbre avec des jumelles pour observer ce qu’il fait…NE FAITES PAS ÇA !

Je conseillerais plutôt quelques tours de parc en jogging avec une musique positive, qui a du rythme (l’album Adèle 21, et « all by myself » de Céline Dion sont bannis). L’exercice physique peut aider, car elle permet la libération « d’hormones positives » telles que l’endorphine qui agit sur l’humeur et aide à contrer les symptômes dépressifs. Certains sports comme la boxe peuvent aussi aider à libérer l’énergie négative. Pour les gens qui sont de nature plus calme, faite des câlins à votre meilleur(e) ami(e)s, l’ocytocine libérée aura un impact bénéfique sur votre humeur.

Changer ses pensées pour avancer

Au cours du processus de détachement, on peut avoir l’impression de perdre la tête par moment. Même quand on essaye de ne pas y penser, un détail nous saute aux yeux ou aux oreilles et nous revoilà plongés dans les émotions et dans les souvenirs. Son nom sur une affiche ou sur un livre ; le petit café où on avait l’habitude d’aller ; le parc où on s’était embrassé ; « notre » chanson à la radio ; bref, les fantômes du passé sont de connivence pour nous hanter. Malgré ce sentiment de non-contrôle sur nos pensées, nous pouvons garder un certain contrôle. Nous avons tendance à idéaliser la relation qui s’est terminée. Tout n’est pas noir ou blanc. Je vous conseille de faire la liste des points négatifs de la relation et de la relire de temps à autre. Si les pensées deviennent obsédantes, faites un « arrêt-stop ». On peut même imaginer l’affiche rouge dans sa tête. Je suggère alors de repenser à un souvenir positif dans sa vie dans lequel l’ex n’est pas impliqué. On peut se rappeler qui était avec nous, quelle température il faisait, ce que nous avions fait, etc. Les activités qui demandent une forme de concentration et un retour vers soi sont aussi conseillées. Par exemple, la méditation « pleine conscience », le yoga, le dessin ou la peinture.

Solidifier son identité une action à la fois

Dans la relation, lorsque l’intimité s’installe, on commence à s’identifier à l’autre et on construit une routine par rapport à cette personne. Je + Toi = nous. On fait des projets ensemble, on se consulte pour prendre des décisions et on se valorise un peu par le regard amoureux et désirant de son partenaire. La séparation bouscule cette équation. Je – toi= Je ou même = ? Le point le plus important est probablement celui-ci : reconstruire une identité individuelle solide. Pour reconstruire, il faut se redéfinir. C’est le temps de faire des choses qu’on aimait et qu’on faisait moins avec l’autre. On peut prendre le temps de se poser les bonnes questions : « qu’est-ce que j’aimerais accomplir ? », « quelles sont mes forces individuelles et comment je peux les mettre de l’avant ? » C’est un bon moment pour rencontrer de nouvelles personnes, se donner de nouveaux défis et faire des projets pour soi. Pour s’encourager, on peut faire la liste de ses réussites passées et de ses fiertés. On doit s’accorder le droit d’être notre centre d’attention. Par exemple, on peut planifier un voyage, s’inscrire à un cours, essayer de nouveaux endroits, décorer une pièce de son appartement. L’idée n’est pas de changer sa vie complètement à cause d’une relation, mais plutôt de créer un nouveau chapitre qui nous ressemble.

Il reste ensuite à faire un sens de tout cela. Dépasser la rupture. On peut même en ressortir enrichie, ou au moins plus fort. On découvre qu’on a passé une épreuve difficile et que nous avons eu la force intérieure pour la surmonter. Je conseille de prendre le temps de réfléchir à la relation et de faire un bilan. Ce qu’elle nous a amené, ce qu’elle a permis de découvrir sur nous et pour le futur, quels sont nos besoins.

#rupture

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