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  • Valerie Leblanc

5 fausses croyances qui peuvent nuire à la sexualité


Toujours dans la légèreté de l’été, je vous propose un texte sur des éléments que j’entends régulièrement en pratique privée qui ont le potentiel de nuire à la sexualité ou au rapport que nous entretenons avec celle-ci.

1. L’orgasme est nécessaire pour une relation sexuelle complète et réussie

Faux. Trop de mots de performance dans la même phrase. Les « je dois » et « il faut » doivent être éradiqués de notre vocabulaire sexuel. Une relation sexuelle « réussie » est un moment dans lequel on ressent du plaisir, une forme de plénitude, une meilleure connexion à l’autre, un sentiment de bien-être global, etc., etc., etc. Cela inclut une panoplie de comportements sexuels, avec pénétration ou non et avec orgasmes ou non. Il est important de sortir parfois de cette course à l’orgasme, car elle peut mettre une pression sur le couple et même nuire à la réponse sexuelle. Plus on pense à l’orgasme, plus on est dans notre tête. Il devient donc plus difficile de profiter du chemin du plaisir et d’être à l’écoute de nos sensations qui elles, favorisent la venue de l’orgasme. L’orgasme c’est très agréable, mais ce n’est pas tout. C’est la cerise sur le sundae, mais il ne faut pas oublier de profiter de la crème glacée.

2. Plus je suis proche de mon partenaire, mieux nos relations sexuelles se porteront

Pas tout à fait. Avoir une intimité profonde avec son partenaire ainsi qu’une bonne communication sont des éléments clés pour une sexualité épanouie. Toutefois, si nous vivons constamment collés l’un sur l’autre, le désir risque de diminuer. Une certaine distance entre les partenaires est nécessaire pour laisser une part de mystère. Le désir se nourrit de ce manque et du « différent » que nous trouvons chez l’autre. Chacun doit préserver son identité, une part « Je » dans le noyau du « Nous ». Cela peut se traduire par des loisirs différents, des amis à soi, des intérêts propres, des moments seuls, etc.

3. Mon plaisir et mon orgasme dépendent de l’autre

Seulement en partie. Nous sommes le principal responsable de notre plaisir. Plus on se connait et sommes ouverts au plaisir de la sexualité, plus la connexion au plaisir et à l’orgasme (et ce n’est pas obligé d’être à chaque fois) sera favorisée. La masturbation peut être un moyen de devenir l’explorateur de son propre corps et favoriser l’atteinte du plaisir par soi-même (pour les femmes : le clitoris avec ses 8000 terminaisons nerveuses peut être touché !) Une meilleure connexion à son corps et ses sensations pourrait aussi être pratiquée par la méditation, la pleine conscience, de longs bains, la déconcentration progressive, le sport, le yoga, la dance, etc. Mieux on est à l’écoute de son corps, plus on est disposé à ressentir ses sensations. N’oublions pas que tout part de l’état d’esprit et d’un organe sexuel important : le cerveau ;). Si nous laissons toute la responsabilité au partenaire de partir à la recherche de notre plaisir érotique, sans lui donner quelques points de repère et qu’en plus pendant ce temps on pense à notre liste d’épicerie, les sensations de plaisir ne vont probablement pas arriver. C’est un travail (partie de plaisir) d’équipe.

4. La sexualité devrait être naturelle dans le couple (C’est supposé venir tout seul et se faire toujours spontanément)

Faux. Ce qui est naturel dans la sexualité c’est la question biologique. Elle existe pour procréer, pour préserver l’espèce. Autrement, le désir sexuel ne vient pas tout seul, surtout pas dans une relation à long terme. Et il y a des périodes dans la vie ou notre humeur ou le niveau de stress influence négativement notre libido. Il faut s’enlever la pression d’avoir envie en tout temps. Le désir sexuel s’entretient par des choses telles que le maintien des attentions, de la séduction, une bonne communication, des relations sexuelles satisfaisantes, etc. Parfois, il faut créer les conditions et les occasions de rapprochement, sans quoi on risque d’attendre longtemps.

5. On est bon ou on ne l’est pas !

Faux ! Et être bon c’est plutôt subjectif. La sexualité ce n’est pas une zone de performance. On clique mieux avec certaines personnes sur le plan interpersonnel et c’est la même chose au point de vue sexuel. Il y en a avec qui dès les premières secondes c’est tout simplement « magique », d’autres avec qui on le ressent moins, et ce, pour d’innombrables raisons (facteurs internes et externes). La sexualité, ça s’apprend, ça se développe, ça évolue avec le temps. C’est un apprentissage comme un autre qui se fait d’abord par la connaissance de soi et ensuite, par la communication ouverte au partenaire de ses préférences. Astuce : ne pas feindre l’orgasme. Cela envoie des messages erronés sur nos préférences à notre partenaire, ce qui maintient des comportements sexuels moins susceptibles de nous plaire.

Ce petit décompte avait pour objectif d’éveiller votre esprit critique et votre réflexion. Si vous sentez le besoin d’aller plus loin sur le sujet, n’hésitez pas à consulter un ou une sexologue qualifié (e) !

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