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  • Valerie Leblanc

La répétition des scénarios de vie.


Qu’est-ce qui fait qu’invariablement nous sommes attirées vers le même type de relation ? Que la relation puissante, mais toxique nous hypnotise, alors que celle où nous pourrions nous épanouir dans un calme et un échange affectif sain nous parait ennuyeuse. Aurions-nous une tendance à l’auto-destruction ? Est-ce que nous serions tous victimes de vampire de l’amour, communément appelé de nos jours les pervers narcissiques ? Cela serait bien facile de mettre le blâme à l’extérieur de soi. Il pourrait être réconfortant de croire que rien n’est de notre faute ou comme je l’entends souvent « j’attire ce genre de personne »…

Tout part de soi, parfois du manque d’expériences, de ses manques tout court et surtout de ses besoins fondamentaux non comblés. Confrontant, mais plus souvent vrai qu’autrement. Personne n’est à l’abri de rencontrer un doctorant en manipulation, mais généralement, si nous persistons dans une relation destructive, c’est que nous y trouvons notre compte ou parce que nous croyons qu’un jour nous triompherons en changeant l’autre. L’illusion de pouvoir se « réparer » à travers l’autre peut être un moteur puissant. « Je n’ai pas eu amour et sécurité de mon père, de ma mère, mais avec une personne comme elle, à l’âge adulte, je réussirai à renverser la vapeur ». « Je saurai faire en sorte qu’il m’aime et qu’il me donne amour et réconfort. Je n’ai pas eu suffisamment d’attention quand j’étais jeune, mais avec lui, même s’il est non disponible, je pourrai vivre quelque chose de fort et il me donnera ce dont j’ai besoin… ». Ce n’est jamais aussi clair bien sûr. Cet objectif est parfois logé dans notre inconscient, d’autre fois juste repoussée par des mécanismes de défense (refoulement, déni…). Certains voient le tout comme un défi.

Et attention, je ne parle pas nécessairement des relations de violence conjugales qui ont leurs propres complexités et leur propre cycle manipulatoire dans lesquels plusieurs personnes peuvent s’y prendre comme dans la toile d’une araignée malicieuse, mais des autres relations. Celle avec l’homme froid et distant; avec celui qui un jour dit oui, l’autre non; celui qui ne veut pas s’engager; celle qui parcourt le monde avec son sac à dos, mais qui pourrait peut-être rester pour nous; celle qui sort tout juste d’une relation; la menteuse compulsive; le déprimé qui ne se soigne pas, etc., etc., etc.

La vérité est que beaucoup de gens ressentent une chimie avec les personnes qui activent leurs schémas de vie (par exemple le schéma d’abandon, de sacrifice de soi, de manque affectif, etc.). La personne qui a une carence affective pourrait aller vers une personne incapable de lui donner suffisamment d’affection ou celle qui a vécu difficilement le divorce de ses parents ou l’absence d’un des deux parents pourrait avoir une grande attirance pour un partenaire non disponible, que ce soit parce qu’il est en couple ou dans un autre pays. Parfois, une personne ayant eu un parent exigeant ira avec le même type de partenaire. En gros, on est attiré par ce qui active les blessures du passé, principalement car elles sont des repères névrotiques qui nous rassurent. Aller vers quelque chose de différent, même si cela serait plus sain, c’est aussi aller en territoire inconnu. Je répète que parfois l’inconfort a sa part confortable. Pour dépasser les relations toxiques (avec leur caractère excitant), il faut être conscient de ce qui se produit (nos patterns répétitifs) et choisir de faire autrement avec tout le courage que cela peut demander. Prendre le risque de regarder la vie autrement. Prendre la chance de vivre quelque chose de différent. Arrêter de croire au pouvoir de changer l’autre, mais surtout commencer par se changer soi.

Pour en savoir plus sur le sujet, deux suggestions de lecture :

  • Je réinvente ma vie : vous valez mieux que vous ne pensez. Young, Jeffrey E./ Klosko, Janet S.

  • La Répétition amoureuse. Maryse Vaillant.


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