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  • Valerie Leblanc

Couple et proximité: quelques impacts


Photo by Priscilla Du Preez on Unsplash


La situation actuelle est exceptionnelle. Outre pendant la crise du verglas, nous n’avons, pour la plupart, jamais eu rapidement à nous adapter à une menace extérieure ayant comme résultat d’augmenter notre intimité physique avec notre partenaire et nos enfants tout en diminuant notre espace personnel. Rarement nous avons eu à conjuguer au même endroit (et parfois un peu en même temps) nos rôles professionnels, de parents, de professeurs, de conjoint (e), de « GO », d’ami, en plus de tout simplement vivre dans notre bulle personnelle.

Cette nouvelle réalité apporte bien sûr différents changements au sein de nos relations. Ce que je trouve important d’apporter comme premier point est l’aspect « normal » de notre inconfort et de nos changements d’humeur. S’adapter demande beaucoup d’énergie. Il est possible que certains jours soient plus difficiles que d’autres et que nous ne soyons pas au top de notre humeur. Soyez bienveillant et empathique avec vous-même!

Restez à l’affût de votre état émotionnel. Demandez-vous chaque jour « comment je vais? » et partagez-le avec votre partenaire si vous êtes en couple. Être ensemble physiquement ne veut pas nécessairement dire être ensemble comme amoureux. Connecter émotionnellement est une clef d’une bonne intimité. Faites un « check point » quotidien. Si vous êtes incertains de votre ressenti, arrêtez-vous pour 3 à 5 minutes et méditez. Il faut savoir s’arrêter pour mieux avancer.

L’augmentation de la présence physique (encore plus quand on habite un petit appartement ensemble) peut devenir difficile à vivre. Attention : cela n’a rien à voir avec le fait que vous aimiez ou non votre partenaire. Trop de proximité aura tendance à « tuer » le désir pour beaucoup de gens. Le désir se nourrit d’espace. Je ne désire pas ce que j’ai déjà. Il faut un certain espace pour anticiper positivement la connexion, avoir envie d’être très proche de l’autre, faire les pas pour le rejoindre. Un peu plus difficile quand on se voit tout le temps. Le désir se nourrit également d’un certain mystère, ne serait-ce que celui de ce qu’à fait l’autre dans sa journée. Encore une fois, quand on a passé la journée avec un mur de distance, ceci est moins favorisé. Certaines personnes ont un style plus fusionnel, d’autres plus antifusionnels (indépendant). Cela peut aussi avoir un impact sur notre façon de vivre cette nouvelle proximité. Dans le dernier cas, on peut se sentir envahie et moins bien tolérer le confinement. Je vous suggère de parler de vos limites et de vos besoins personnels, puis de tenter de vous accorder des petits blocs d’une heure ici et là en solo. On peut aller prendre un bain moussant la porte barrée avec un livre (toujours plus facile quand les enfants sont couchés), on peut sortir marcher ou jogger seul, on peut aller dans la voiture et écouter de la musique, s’installer dans la chambre et faire une activité individuelle. L’idée est de se permettre, sans culpabilité, ses petites bulles à soi.

Par ailleurs, pour certains couples, on remarquera l’effet inverse. La situation aura apporté une meilleure alliance collaborative et une plus grande reconnaissance des efforts de chacun par rapport aux tâches ménagères, au boulot, à la vie de famille, à la façon d’agir avec les enfants.

L’important est de ne pas sauter aux conclusions hâtives en comparant la réalité de son couple à celle des autres. Nous sommes tous différents. Pour certains, ce sera une occasion de se sentir plus en équipe et connecté, pour d’autres, le surplus de temps ensemble pourrait être plus inconfortable. Je le répète, cela n’a souvent rien à avoir avec l’amour que l’on se porte.

Ne vous mettez pas de pression. Si vous avez des inquiétudes par rapport à une baisse de libido, parlez-en. Gardez des moments de plaisir, par exemple en jouant à des jeux ou en cuisinant ensemble et en vous créant une « date night » à la maison. Privilégiez les moments de connexion émotionnelle, gardez des mini moments de romantisme si cela vous parle, respectez vos besoins de distance mutuelle, offrez-vous des petits moments solos, faites preuve de flexibilité (tout n’a pas à être comme avant) et surtout, soyez bienveillant les uns envers les autres.

Si jamais cette période vous semble plus difficile pour le couple et que vous souhaitez obtenir de l’aide, n’hésitez pas à consulter un sexologue ou un psychologue. Plusieurs d’entre nous continuent en télépratique.

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**Texte inspiré d'une discussion professionnelle ayant mené à une capsule Youtube

avec Virginie Lavoie-Dugré sexologue et psychothérapeute.

Pour visionner la capsule: https://www.youtube.com/watch?v=01JSh3-laD0&t=2s

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Pour trouver un sexologue: Ordre des sexologue du Québec: www.opsq.org

Pour trouver un psychologue: www.ordrepsy.qc.ca

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