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  • Valerie Leblanc, sexologue et psychothérapeute.

Anxiété de performance et sexualité


Qu’on se le dise pour dit, l’acte sexuel ne devrait pas être une activité dans laquelle nous sommes à la recherche d’un exploit. Il me semble que la société nous donne bien assez d’autres « opportunités » de nous casser la tête ou de nous épuiser à être performant.

Pourtant, à de mainte reprise j’entends des phrases qui entrainent chez l’émetteur une anxiété non négligeable. Que ce soit sur la grosseur du pénis, la durée de la relation sexuelle, les techniques utilisées ou la manière d’être sexuel de façon générale. On pourrait dire que ces angoisses sont contre-productives puisque l’anxiété en tant que telle est ce que j’appelle un « ennemi » de la sexualité. Au niveau de la réponse sexuelle, elle peut amener des blocages. En gros, on ne peut pas avoir une érection en même temps qu’une vague d’anxiété; puis nous pouvons difficilement être connectés à notre corps et vraiment apprécier nos sensations tout en ayant le hamster qui court dans notre tête.

Vouloir être un bon (ne) amant (e) est totalement louable, mais la chambre à coucher ne devrait idéalement pas être une répétition du Cirque du Soleil, ni une manière détournée pour se dorer l’égo. D’ailleurs qu’est-ce que du bon sexe? D’où vous provient cette idée? Sur quels critères vous basez-vous? Entamer cette réflexion, seul ou avec votre partenaire pourrait surement amener des réponses intéressantes.

Lorsque je pose cette question en consultation, les réponses varient, mais en général, le thème de l’orgasme revient, et souvent sous la formule « quand je donne un orgasme à l’autre ». Bien sûr que l’orgasme est une étape de la réponse sexuelle fort agréable, mais il n’est pas obligatoire à chaque relation et ne devrait pas être l’unique baromètre de la satisfaction sexuelle. On peut très bien apprécier un repas sans se rendre au dessert non? De plus, j’aimerais souligner qu’on ne « donne » pas un orgasme à l’autre. On le créer ensemble. Vous avez beau être le meilleur technicien sexuel au monde, si le ou la partenaire pense à ses tâches au travail ou à sa liste d’épicerie; ou même si la personne se met beaucoup de pression à obtenir l’orgasme, il est fort à parier qu’il ne se produira tout simplement pas. L’orgasme est la conséquence de stimuli internes et externes, de la présence à soi et son corps, et bien souvent, d’une bonne communication avec l’autre.

J’aimerais mettre l’accent sur un autre élément important de la sexualité qui tourne moins autour de la performance : le plaisir. Petit mot tout simple qui parfois est oublié. Le plaisir de connecter avec un autre humain, de sentir son cœur s’accélérer, d’entendre des mots tendres ou crus, de rire ensemble et d’ouvrir la porte au grand terrain de jeu qu’est la sexualité. Si vous changer un peu votre perception sur la relation sexuelle, que vous osez davantage nommer vos fantasmes malgré la gêne ou la peur qu’ils ne soient pas acceptés, que vous mettez de côté vos conceptions irréalistes par rapport à la durée de la relation sexuelle ou l’apparence de vos organes génitaux et que vous décidiez simplement d’essayer de vivre quelque chose de plaisant, l’anxiété de performance se trouverait surement moins présente et la satisfaction pourrait être augmenté. Transformez les « je dois » et « il faut » en « j’aimerais ».

Pensez communication, variété, sensualité. Impliquez vos cinq sens et cherchez vos zones érogènes en dehors de ce qui vous semble évident sans attentes précises. Écoutez-vous, explorez, mais surtout, détendez-vous.

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